FIMAV 2026 | Une programmation audacieuse à forte prédominance free jazz à Victo ce printemps

Le Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville (FIMAV) annonçait ce midi la programmation de sa 41e édition qui se déroulera du 11 au 17 mai 2026. Après une année de programmation partielle, on revient cette année à un horaire plus musclé, et un menu particulièrement audacieux, avec une place prépondérante accordée aux esthétiques free jazz et aux musiques de création les plus aventureuses.

Fidèle à sa réputation de laboratoire sonore, le Festival international de musique actuelle de Victoriaville mise sur une édition dense, où improvisation radicale, explorations contemporaines et figures incontournables de la scène québécoise et internationale se croisent sans compromis.

Parmi les noms marquants, le saxophoniste américain Darius Jones incarne à lui seul l’esprit de cette cuvée très free jazz. Reconnu pour la puissance et la liberté de son jeu, il s’inscrit dans la lignée des grands défricheurs du saxophone contemporain.

Dans la même veine, le pianiste britannique Pat Thomas, présenté en solo, viendra prolonger cette intensité improvisée. Thomas est aussi membre du trio Ahmed, formation anglaise saluée pour son approche énergique et abstraite du jazz libre, où le piano occupe une place centrale et incisive.

La scène québécoise n’est pas en reste. Le saxophoniste Yves Charuest, figure aguerrie de l’improvisation canadienne, s’allie aux Britanniques John Edwards et Mark Sanders pour une première canadienne prometteuse. Edwards et Sanders forment une section rythmique parmi les plus en demande dans le monde des musiques actuelles, ayant collaboré avec des sommités du free européen. Leur rencontre avec Charuest, amorcée lors d’une résidence londonienne, laisse présager un dialogue intense et sans filet.

Du côté de la Colombie-Britannique, le quintette Josh Zubot Strings mettra en lumière les compositions du violoniste Josh Zubot. Musicien à la carrière foisonnante, Zubot navigue entre univers pop, rock et expérimental, ayant collaboré avec des artistes aussi variés que Tanya Tagaq et Dan Mangan. Comparé à un Béla Bartók du XXIe siècle, il proposera au FIMAV une nouvelle suite spécialement composée pour l’occasion.

Autre moment fort : le 40e anniversaire du duo Queen Mab. Cette collaboration entre la clarinettiste québécoise Lori Freedman et la pianiste Marilyn Lerner constitue un pan vivant de l’histoire des musiques de création canadiennes. Leur complicité, forgée au fil de décennies de recherches sonores et d’improvisations raffinées, témoigne d’une démarche à la fois ancrée et toujours renouvelée.

La harpiste Sarah Pagé présentera quant à elle une version concert de Voda, aux côtés de l’ensemble montréalais No Hay Banda, que nous avons couverts à quelques reprises. Connue pour son utilisation inventive des pédales d’effets et ses collaborations avec The Barr Brothers, Pagé élargit le vocabulaire de la harpe vers des territoires électroniques et contemporains, dans une approche fluide et immersive.

* Sarah Pagé, lors du festival Suoni Per Il Popolo 2024. Photo par Pierre Langlois.

Enfin, la légendaire troupe La Fanfare Pourpour viendra investir l’espace public avec son imposant collectif de 21 musiciennes et musiciens. Active depuis 1995, cette formation emblématique de la scène québécoise, à laquelle est associé notamment Jean Derome, brouille les frontières entre musique populaire et expérimentation, rappelant que la musique actuelle peut aussi être festive et rassembleuse.

Au final, cette édition du FIMAV s’annonce résolument libre, exigeante et ancrée dans l’improvisation. Une année très free jazz, certes, mais surtout une célébration vibrante de la création sans frontières.

Programmation complète et billets par ici.


  • Cet article a été produit avec la collaboration de Pierre Langlois et Jérôme Daviau.

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