
Fantasia à l’OSM | Soirée familiale réussie en compagnie de Mickey
Je pourrais difficilement cerner exactement ce qui a amorcé ma passion pour la musique classique à l’enfance, mais Fantasia 2000 n’y a certainement pas nuit. L’un des premiers albums que je me suis acheté avec mon argent de poche était une compilation de quelques pièces par l’OSM à la bonne vieille époque de Charles Dutoit sur laquelle figurait, notamment, L’apprenti sorcier de Paul Dukas, seule pièce à figurer sur les deux versions du film (celle de 1940 et 1999).
La soirée d’hier, 3 avril 2024, faisait en ce sens chaud au cœur. Très familiale, la formule ciné-concert présentée par l’OSM à la Maison symphonique représentait une excellente façon d’initier les jeunes au classique, surtout avec un programme aussi diversifié et rempli que celui auquel l’on aura eu droit.
Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec le concept, Fantasia est un projet d’animation de Disney présentant une version imagée et inventive de classiques du classique dans de cours segments dynamiques. La sélection d’hier comprenait des éléments des deux versions du film, Fantasia 2000 et l’original de 1940, œuvre qui avait causé la controverse il y a quelques années à cause de la représentation d’un esclave noir dans le segment consacré à la Pastorale de Beethoven, images coupées depuis, mais peu étonnante vu les propensions racistes de Walt Disney lui-même.
C’est donc la version « réformée » de cet extrait qui aura été présentée hier dans le cadre d’un programme divisé en deux parties (la nature et les animaux) qui comprenait également la fameuse introduction du premier mouvement de la 5e symphonie de Beethoven ainsi que des compositions de Tchaïkovski (medley de pièces de Casse-Noisette), Debussy (Clair de Lune), Ponchielli (Danse des heures), Dukas (L’apprenti sorcier), Elgar (medley des marches de Pomp and Cicumstance), Respighi (Les pins de Rome) et un rappel avec Le carnaval des animaux de Saint-Saëns. La pièce qui aura toutefois volé la vedette à mon avis est L’oiseau de feu de Stravinsky. L’interprétation de l’orchestre y est sublime, toute en nuances, et le fait que la composition soit présentée dans son intégralité ce dimanche y est peut-être pour quelque chose.
L’autre aspect que j’ai particulièrement apprécié, c’est que la sélection de pièces nous aura permis d’apprécier certains instruments parfois mis de côté ou camouflés derrière le reste de l’orchestre. Je pense ici par exemple à l’excellent tubiste Austin Howle qui aura eu ses quelques efficaces moments de gloire ou à la harpiste Jennifer Swartz qui aura eu une soirée relativement occupée. On aura même sorti le célesta pour l’occasion, sorte de glockenspiel à clavier bien apprécié, entre autres, de Mozart. Le chef Simon Rivard aura également brillé avec un travail souple et attentif, mais aussi quelques intéressantes interventions au micro pour guider notre écoute de certaines pièces. J’avais notamment oublié la connexion entre Ponchielli et Puccini (son élève), ce qui m’aura donné une vision totalement différente de l’extrait de son ballet La danse des heures.
Je n’avais pas écouté ni l’une ni l’autre des deux versions de Fantasia depuis quelques années, mais la soirée d’hier m’aura prouvé encore une fois la qualité de ces œuvres et leur importance pour la découvrabilité de la musique classique. Une très belle soirée au final.
- Artiste(s)
- Orchestre Symphonique de Montréal
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Maison Symphonique de Montréal
- Catégorie(s)
- Cinéma, Classique, Classique,
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