evenko et L’Équipe Spectra réagissent à leur tour au reportage d’Enquête
Dans un communiqué publié ce matin, les promoteurs evenko et L’Équipe Spectra ont répondu avec fermeté à des allégations récentes concernant la place du français dans leurs activités, le financement public de leurs événements et leur influence sur la scène culturelle québécoise. Cette mise au point intervient à la suite d’un reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada, repris dans plusieurs médias dont le Journal de Montréal, qui avait suscité une réaction vive dans l’industrie culturelle locale. Les SMAQ avaient par ailleurs réagi la semaine dernière.
La controverse s’est cristallisée autour de l’idée que evenko, associé à 49 % à Live Nation, et les festivals qu’il organise ou gère avec L’Équipe Spectra domineraient la programmation musicale au Québec, au détriment de la langue française et des artistes locaux. Dans sa réplique publique, evenko qualifie ces assertions de « fausses prémisses », soulignant que le portrait présenté par Enquête était « trompeur » en excluant plusieurs salles qu’il gère.
Selon le promoteur, si l’ensemble de ses salles avait été pris en compte, il aurait été démontré que 50 % des spectacles présentés en 2025 étaient en français, en hausse par rapport aux années précédant le partenariat avec Live Nation. Le chiffre de 8 % mentionné dans certains reportages, est ainsi jugé non représentatif du véritable volume de spectacles francophones. De plus, evenko met en lumière que les Francos de Montréal, l’un des festivals les plus fédérateurs de Francophonie musicale au monde, a présenté 171 spectacles en français en 2025, renforçant son rôle dans la promotion de la culture francophone.
L’entreprise a également réitéré son attachement à Montréal et au Québec, soulignant que le Groupe CH demeure actionnaire majoritaire et que toutes les décisions stratégiques, artistiques et opérationnelles sont prises localement, sans ingérence de Live Nation dans la programmation ou la gestion quotidienne. Cette dimension, insistent les signataires, assure que les activités restent ancrées dans le tissu culturel québécois.
Concernant les subventions publiques, evenko et Spectra rappellent que les programmes de financement sont normés et accessibles à tous les organismes répondant aux critères établis, et qu’ils favorisent des objectifs clairs comme l’accès à la culture, le rayonnement artistique, l’attractivité touristique et les retombées économiques. Ils soulignent aussi que ces événements attirent des millions de festivaliers chaque année et soutiennent des milliers d’emplois dans divers secteurs liés à la culture et au tourisme.
Malgré ces clarifications, la controverse alimente un débat plus large au Québec sur la concentration des ressources et de l’influence culturelle. Des voix critiques, notamment de l’Union des artistes et de responsables de festivals régionaux (le REFRAIN, surtout), ont exprimé des préoccupations sur la domination perçue de Live Nation/evenko et sur la nécessité d’assurer une place plus équilibrée aux talents et initiatives locales.
Alors que les discussions se poursuivent dans les sphères politiques, médiatiques et communautaires, evenko et L’Équipe Spectra ont tenté par cette déclaration de recadrer le débat sur des faits vérifiables et de défendre leur contribution continue à la vitalité de la scène culturelle québécoise.
Dans cet article publié sur le site web de Radio-Canada, la journaliste Marie-Maude Denis et le recherchiste Franciszek Czyzowicz, de l’émission Enquête, répondent au communiqué d’evenko en maintenant les conclusions de leur reportage. Ils défendent la rigueur de leur méthodologie et précisent que les données avancées dans leur enquête portent uniquement sur les spectacles de chanson présentés sur l’île de Montréal.
Concernant l’affirmation d’evenko selon laquelle 50 % de ses spectacles seraient en français, les journalistes soutiennent que l’entreprise n’a pas fourni la liste détaillée des représentations incluses dans ce calcul. Ils soulignent également que le promoteur évoque l’ensemble de ses salles réparties dans 53 villes au Québec et au Nouveau-Brunswick, ce qui diffère de leur analyse, strictement limitée au territoire montréalais.
Enfin, ils avancent qu’evenko ferait référence à l’ensemble des spectacles toutes disciplines confondues, soit humour, théâtre et autres, alors que leur propre compilation concerne uniquement la musique chantée, rendant, selon eux, toute comparaison directe inadéquate.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le reportage de l’émission Enquête lors de cette émission titrée Voler le show crée visiblement des remous et lance un débat qui s’annonce épineux. Un dossier à suivre, très certainement.
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