Coco Méliès

Entrevue avec Coco Méliès | L’enthousiasme débordant d’un duo complémentaire

Sors-tu.ca a eu le plaisir de rencontrer Coco Méliès, duo québécois composé de Francesca Como et David Méliès. Taquineries et rires ont été au rendez-vous avant le lancement de Lighthouse, leur 1er album rempli de souvenirs mis en lumière par les arrangements musicaux.

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Sors-tu : Comment vous vous sentez pour la sortie de votre 1er album ?

David : On a très hâte. Ça a été un très long processus, ça faisait deux ans qu’on avait commencé l’enregistrement et au final on a tout effacé pour recommencer. A ce moment-là Robbie Kuster est arrivé. On voulait réaliser l’album avec lui et il a dit oui !

Francesca : En fait on a fait de la pâte à modeler, on a rechangé des trucs. Ça a pris plus de temps mais au final on est super heureux.

Sors-tu : Un peu d’appréhension quand même ?

Francesca : Je n’ai jamais été aussi zen, habituellement je suis nerveuse. Là ça va sûrement arriver avant le spectacle.

David : Pareil.

Francesca : T’es pas obligé de dire la même chose que moi !

Sors-tu : Et êtes-vous prêts à aller sur scène tout à l’heure ?

Francesca : Oui même s’il y a toujours un challenge pour moi sur scène car je me demande à chaque fois si c’est la dernière fois que je vais y monter !

David Il y a un côté funambule. Je trouve que le fait d’être devant tous ces gens qui ne regardent que nous est très « pornographique » (rires), dans le sens où tout geste est interprété.

Sors-tu : Qu’est-ce qui vous a poussé à arrêter les tournées et à faire ce premier album ?

Francesca : On a fait beaucoup de tournées avec Bran Van 3000, ça a été quelque chose de bien pour un moment. Ça faisait longtemps qu’on parlait du projet de l’album, on s’est embarqués dedans et ça tombait bien parce que la tournée avait fait son temps.

David : C’est une superbe école de savoir quoi faire à quel moment. Mais ça a pris du temps aussi car quand on s’est rencontrés, chacun avait ses projets.

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Sors-tu : Justement quels étaient vos projets solo à l’époque ?

Francesca : Hum, lui avait un album ! (rires)

David : Oui un album en français. J’étais allé habiter en France et elle était à Vancouver. On ne se connaissait pas puis on s’est retrouvés au même endroit au même moment. On a commencé à collaborer l’un et l’autre à un projet, et un jour elle est arrivée avec une ébauche de chanson. On s’est dit que ça marchait super bien musicalement entre nous. Même si sous ses airs gentils, elle a un sacré caractère !

Francesca : Oui  je suis petite mais je suis un peu comme Napoléon finalement ! (rires) Mais entre nous, c’est comme si ça avait été facile au niveau musical, ça marche bien.

Sors-tu : Aviez-vous écrit les titres de l’album bien avant, quand vous étiez en tournée, ou au moment où vous avez commencé le projet de l’album ?

David : À vrai dire il doit y avoir deux chansons sur l’album qui datent des débuts.

Francesca : Pour Fishermen, on l’a écrite quand on habitait dans un petit appartement…

David : Moi je pensais à Someway puis Wintergloves qu’on a fait il y a longtemps, mais qu’on a repensé différemment avec le feedback des autres personnes qui ont collaboré à l’album.

Francesca : Cet album-là est fait de chansons qu’on a jouées à plusieurs reprises, il représente une époque de notre duo.

David : Il y a aussi une chanson qui a été faite 2 jours avant la fin de l’enregistrement !  C’est The Cafe. Elle est arrivée comme un cheveu sur la soupe pour l’album.

Sors-tu : Comment se passe l’écriture de vos chansons ?

David : Parfois Francesca arrive avec un truc, ou moi mais au final une fois qu’on travaille la chanson on ne se souvient plus de qui a commencé à l’écrire !

Francesca : Dans le fond on n’écrit jamais ensemble, on se montre ce qu’on a fait.

David : Je me rappelle lui avoir montré Lighthouse, la première chanson de l’album. Elle l’avait profondément détestée, et moi j’y croyais. Finalement on n’est pas souvent d’accord, ça crée la discussion et ça fait un premier filtre.

Sors-tu : J’avoue que Lighthouse est ma préférée… !

Francesca : Finalement je suis tombée en amour avec Lighthouse ! C’est pour ça que j’aime travailler avec quelqu’un comme David  car si je n’aime pas quelque chose, je peux le lui dire, tout en sachant que cette idée-là n’est pas complètement perdue. Ce qui est fun c’est ce challenge : « Non je n’aime pas, mais vas-y, prouve-moi que c’est bien ! »

David : Ça nous donne un côté un peu bipolaire, comme Lighthouse  d’ailleurs. Cette chanson montre nos deux univers.

Sors-tu : Qu’attendiez-vous de la collaboration avec Robbie Kuster ?

David : On avait un top 3 pour réaliser l’album. William, un ami devenu aujourd’hui notre manager, nous a demandé, dans une soirée bien arrosée, ce qu’il nous fallait pour finir l’album, car il voyait qu’on était bloqués. Et là on lui a dit Robbie Kuster, car c’est un très bon créateur. Et comme par hasard William le rencontrait le lendemain.

Francesca : Je viens de me rappeler qu’il a mis un mois à nous répondre, et que quand il l’a fait, c’était le jour de ma fête !

David : Il avait aimé et on était super contents ! On n’aurait jamais cru avoir l’équipe rêvée pour l’album.

Francesca :Il nous a amenés plus loin, il a mis une clarté dans les choses.

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Sors-tu : Quelles ont été vos sources d’inspiration pour l’album ?

Francesca : Tout ce qu’on a emmagasiné depuis plein d’années donne sa sonorité à l’album.

David : En tout cas, on n’a pas la prétention de dire que l’on a créé un nouveau style.  L’originalité vient du mélange de nos voix.

Sors-tu : Je trouve qu’il y a de la clarté dans votre album, il est même entraînant à certains moments. Était-ce recherché ?

Francesca : Je pense que l’album est plus lumineux que joyeux, car les textes sont très nostalgiques.

David : Pas nostalgiques…

Francesca : On a déjà eu une discussion là-dessus, on veut dire la même chose David et moi mais pas avec le même mot ! Le temps, les souvenirs sont des thèmes qui reviennent beaucoup.

David : Quand on jouait avec nos guitares on avait l’impression parfois que nos chansons étaient lourdes. Finalement on a essayé de mettre de la lumière sans forcer la note. Si ça a donné cela c’est vraiment fun !

Sors-tu : Avez-vous déjà pensé à faire des chansons en français ?

Francesca : C’est drôle parce qu’au début le projet d’album de David était en français. On a commencé à jouer ensemble sur ses textes en français.

David : Je suis un grand défenseur de la langue française, mais il n’y a franchement rien de politique dans tout ça.

Francesca On savait que si on chantait en anglais on s’embarquait dans une voie plus difficile. C’était un peu fou de vouloir faire ça parce que nous ne sommes pas anglophones à la base. Mais c’est comme ça que notre album est né, nos voix fonctionnent en anglais, et ça aurait été totalement autre chose si on avait voulu chanter en français.

David : Je pense que les gens ne se rendent pas compte à quel point c’est difficile de chanter en anglais car il y a des quotas partout. Si tu n’as pas tracé ton chemin c’est difficile, les radios ne veulent pas vraiment de toi. Elles n’encouragent pas vraiment la scène locale.

Francesca : Ça serait mieux s’il y avait un quota de musique québécoise, peu importe la langue, et non un quota de musique française. La radio coupe beaucoup de potentiel.

Sors-tu : Avez-vous des projets solo ?

David : Non, c’est vraiment ce projet-là, à deux.

Francesca : On se rend de plus en plus compte que quand il y en a qui est plus faible dans sa vie personnelle, l’autre est toujours là pour le ramener à la surface.

David C’est comme un égoïsme à deux, on est partants en duo pour les projets. Par exemple, on a fait la musique de King of the River. C’est un documentaire qui parle de la pêche aux saumons (rires). On n’était pas vraiment partants au départ mais au final c’est grandiose même si un peu moins lumineux que notre album justement.

Francesca Je ne suis pas d’accord ! Enfin c’est toujours comme ça, il y a de la dualité entre nous deux, c’est ça qui me plaît !

Sors-tu : Si j’ai bien compris, vous avez des projets sur un nouvel album ?

Francesca : Oui c’est vrai, c’est sûr que nous avons envie de continuer. Après ce premier essai, nous arrivons plus facilement à écrire des chansons, que l’on a envie de partager.

David : Mais d’abord on va quand même tourner sur cet album. On sera sur scène au Québec et peut-être en Europe, on ne sait pas encore. Mais on a hâte de partager nos chansons avec le public.

 

 

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