The Decemberists

Critique CD: The Decemberists – The King Is Dead


The Decemberists
The King is Dead

Pour un groupe orégonais que l’on comparait sans cesse aux grands du folk britannique, la surprise est de taille lorsqu’on prête une oreille à ce 6e album de The Decemberists.

Ni la subtile saveur indie rock, ni les influences du rock progressif – explorées à fond dans le labyrinthique The Hazards of Love en 2009 – ni même cet âme européen que l’on associaient à Colin Meloy et sa troupe ne transparaissent vraiment.

En revanche, The Decemberists n’ont jamais autant exploité les sonorités du folklore américain qu’ici: The King is Dead regorge de chansons folk midtempo, de country à l’américaine, de soft rock et de sonorités celtiques.

L’instrumentation organique (harmonica, accordéon, violon, mandoline, guitare acoustique 12-cordes) et la production rustique dominent l’écoute, ne laissant que peu de place aux guitares électriques et claviers qui se faufilaient sur les précédents albums.

Le tout se décline généralement dans un format pop (courtes chansons sans trop de détours) d’une simplicité parfois agaçante (This Is Why We Fight) parfois drôlement efficace (Down By The Water).


L’influence R.E.M.

Impossible de passer sous silence la forte influence R.E.M., souvent évoquée par Meloy en entrevue d’ailleurs. Le guitariste du célébrissime groupe américain Peter Buck est d’ailleurs lui-même présent sur Don’t Carry It All, Calamity Song et le premier extrait Down by the Water.

Cette dernière – qui avait mis la puce à l’oreille bien à l’avant la sortie de l’album – constitue toutefois l’emprunt le plus direct au groupe de Michael Stipe.

Cette nouvelle avenue pour The Decemberists a ses bons et mauvais côtés. La voix de Colin Meloy et sa plume très maîtrisée ont davantage d’espace pour s’exprimer, même si la musique plus complexe des albums précédents n’obstruait jamais vraiment le travail du chanteur et parolier.

Le groupe semble toutefois se plaire dans cet univers Americana et chacune des chansons s’en ressent. Heureusement, car ce que The Decemberists gagne en coeur doit compenser pour ce qu’il perd en originalité.


* The Decemberists sera en concert à L’Olympia, à Montréal, le 31 janvier 2011.

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