Lil Wayne

Critique CD: Lil Wayne – Rebirth

Le rappeur iconoclaste Lil Wayne  a pris beaucoup de temps à accoucher de ce fameux album «rock-rap» (2 ans, ce qui représente, pour lui, une longue trêve) et pourtant, il s’agit sans doute de l’échec le plus retentissant de l’an 2010, à date.  

Bien sur, 2010 est encore jeune, mais cette distinction peu enviable lui reviendra probablement à la fin de l’année, à moins qu’un autre artiste établi réalise un faux-pas exceptionnel (on en doute).

Le concept de base n’était pourtant pas si mal : allier le rap rythmé et punché de «Weezy» (et ses «one-liners» puissants) avec une musique plus rock, plus musclée.

Mais deux problèmes majeurs sont apparents dès le départ : la très mauvaise qualité de ce «rock» et la surutilisation démesurée de l’effet «auto-tune»  – cette distorsion électronique de la voix, beaucoup trop présentes dans la musique R&B et hip hop récemment – qui agace après quelques minutes seulement et persiste jusqu’à la toute fin de l’album.

 

Désastre du début à la fin

Faux départ, «American Star» nous introduit à la nouvelle sonorité de Lil Wayne avec un punch rock pathétique, évoquant les orchestres de talk-show de fin de soirée. Le restant de la chanson rappelle les pires extraits patriotiques et faussement machos de Kid Rock.

On constate aussitôt le mauvais choix au niveau du mixage : la voix beaucoup trop à l’avant-plan, les guitares beaucoup trop fades.  Une indication peu fiable, au fond, puisque chaque chanson semble avoir été mixée indépendamment des autres de toute façon.

Plus tard, c’est «Knockout» qui démarre sur une ligne de guitare digne des pistes les plus prévisibles d’Avril Lavigne, pour ensuite retrouver, vous l’aurez deviner, un Lil Wayne à la voix mutante qui tente de faire un duo qui se tient avec Nicki Minaj. Juvénile, raté.

Rupture de ton totale, «On Fire» propose une intro new wave avant de se rétablir avec une ambiance R&B plus appropriée.

Heureusement, «Weezy » a cru bon inviter son pote Eminem pour prendre les rênes le temps d’un couplet sur «Drop the World», la moins problématique du lot.

Les couplets de «Runnin»  ne sont pas sans charme non plus. Les refrains à la Evanescence, toutefois, viennent ajouter une couche de mauvais rock sur un album qui n’en manquait pourtant pas.

Sinon, l’ensemble manque cruellement de bon goût et ne plaira ni aux fans des albums précédents de Lil Wayne, ni aux fans de musique musclée. Un coup d’épée dans l’eau.


Moments forts :
Drop the World (avec Eminem), On Fire

Moments moins forts:
The Price is Wrong, American Star, Paradice

Vos commentaires