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Critique album | Eminem – The Marshall Mathers LP 2

Eminem - The Marshall Mathers LP 2 Eminem The Marshall Mathers LP 2

Les premiers extraits qui annonçaient le huitième album d’Eminem divisaient déjà la foule en plusieurs parcelles. À travers le rock de Berzerk et la pop de The Monster, vrai qu’il était difficile de se faire une tête. Mais à l’écoute intégrale du Marshall Mathers LP 2, qu’en ressort-il? Que c’est le meilleur travail d’Eminem depuis la trame sonore de 8 Mile.

Les plus cyniques diront que ce n’est pas un grand exploit. Et ils auront partiellement raison, la majorité s’entendant pour dire que Relapse et Recovery, les deux dernières parutions de l’artiste, auront été autant de déceptions pour ceux qui espéraient un triomphant retour du Slim Shady.

Mais avec MMLP 2, ledit Slim Shady devrait réussir à en faire taire quelques-uns.

Des prouesses lyriques (dans Rap God) pour ceux qui se plaignent qu’Eminem chante plus qu’il ne rappe ces temps-ci.

Des références à ses premiers albums (dans Bad Guy) pour les nostalgiques, fans de la première heure pour qui rien n’est jamais aussi bon que dans l’temps.

Du franc-parler (dans Asshole) pour ceux qui trouvent trop mollassonnes les chansons d’espoir genre Beautiful et Not Afraid.

En gros, tout ce qui avait élevé Eminem au rang de phénomène culturel avec le MMLP original.

Parlant du MMLP 1, cette suite est-elle aussi bonne que le premier? Non, par exemple. Ce nouvel opus possède quand même son lot de défauts. Le premier, et plus important, c’est qu’on y étire encore et encore la formule qui tapissait Recovery, soit de faire chanter plusieurs des refrains par une artiste à voix quelconque. Pourquoi faire chanter une chanteuse invitée quand Eminem est totalement capable de le faire lui-même, si ce n’est que pour donner à la pièce l’attrait pop qu’il faut pour devenir numéro 1 sur le palmarès NRJ?

On avait déjà Love the Way You Lie, pourquoi nous resservir le même plat, refroidi, avec The Monster?

Mettons qu’on prend les derniers vidéoclips d’Eminem sortis avant le MMLP 2 et qu’on fait le décompte de ceux qui inclut un beau refrain pop, on trouvait quand même que I Need A Doctor, Space Bound, Lighters, Love the Way You Lie, C’mon Let Me Ride et autres, ce n’était pas assez?

Bref, on étire la sauce un peu, là.

Mais heureusement, on innove assez pour contrebalancer ce point faible. Le rappeur se permet des mélodies presque indie rock, comme en fin de Rhyme Or Reason, et se la joue Beastie Boys dans Berzerk.

Et on retrouve sur l’album des productions poussées, beaucoup plus près de ce qui se retrouvait sur les premiers efforts de Mathers, en plus d’y retrouver aussi les différents tons de voix utilisés par l’artiste au long de sa carrière. Plutôt que de juste l’entendre crier comme il le fait depuis un moment déjà.

Tout ça sans compter une chanson à saveur country, qui aurait facilement pu être produite par Kid Rock, et une chanson cosignée Kendrick Lamar qui ressemble à un mix entre un vieux tube de Fatboy Slim et du Sugar Ray. Quand même.

Bref, tout ceci pris en compte, le Marshall Mathers LP 2 reste certainement l’album le plus intéressant qu’Eminem aura lancé depuis le début des années 2000.

 

À écouter : Bad Guy, Brainless, Rhyme Or Reason, So Much Better

À ne pas particulièrement écouter : Stronger Than I Was (on dirait une mauvaise chanson triste de Blink 182), The Monster.

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