Koriass
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Coup de coeur francophone 2014 – Jour 3 | Le Rap Queb Money Tour au Club Soda, avec Koriass, Loud Lary Ajust et Eman X Vlooper

Ce qui aurait été impossible à imaginer il y a quelques années est arrivé hier soir : une salle montréalaise d’envergure notable a été remplie à pleine capacité par un show de hip-hop québécois. Un moment historique, à la hauteur de l’engouement. Retour.

8h26 : le line-up n’est même pas encore écoulé à l’extérieur que, déjà, Eman et Vlooper s’amènent sur scène. Un peu de déception dans l’air, mais il  y a trois artistes au programme, et ça doit rouler.

Une horde de spectateurs ponctuels profitent tout de même d’un spectacle réglé au quart de tour. Eman se donne avec une légèreté soutenue, enchaînant les pièces avec adresse et aisance. Après un départ en lion, Mantra et Tirer des moves à l’appui, le emcee se bute aux rythmiques franches et directes de Publi-Sac et Tout’nou. Vlooper se tire d’affaire avec une présence arrière considérable, accumulant les moves de main et le hochement de tête.

La chanteuse Modlee se met de la partie pour les enivrantes Back to Me et CRÈME, alors que les joints d’herbe se passent à profusion dans la foule. L’odeur et la fumée font bon ménage avec les lignes mélodiques soul construites par Vlooper et le flow peinard d’Eman.

Photo de courtoisie, par Jean-François Leblanc.

Photo de courtoisie, par Jean-François Leblanc.

 

L’extase LLA

Les spectateurs continuent d’entrer à la pelletée, au moment où l’entracte se trame. 20 minutes plus tard, le drapeau LLA surgit, au même titre que les échantillonnages crémeux d’Ajust. Tout va pour le mieux alors que Rien ne va plus s’amorce.

Photo de courtoisie, par Jean-François Leblanc.

Photo de courtoisie, par Jean-François Leblanc.

Loud et Lary sortent furtivement des coulisses : la foule s’époumone à crier, à applaudir, à tirer des moves dans tous les sens. «TU M’CONNAIS PAS MAN T’ES PAS DANS MES SHOES», hurle la foule à l’unisson. À elle seule, l’intensité du moment valait le coup.

Un gars monte sur les épaules de son ami en sirotant une bouteille de vin blanc, quand Hotel Hell débute. Il y est encore quand XOXO plafonne. Ça se pousse dans la foule, ça saute comme s’il n’y avait pas de lendemain. «One night only, ONO», comme le dit si bien Lary, quelques minutes plus tard.

Après l’euphorie vient la dépression, la Mort lente plus précisément. La foule reprend des forces, tandis que les hits se laissent entrevoir. Lary se met en chest, Loud garde sa camisole.

Le grand cirque est bel et bien commencé : Gruau, Tiens mon drink, Cendres, Crabe des neiges, dans un ordre qui ressemble à peu près à ça. Les gens au balcon sautent tellement haut qu’on a l’impression qu’ils vont piquer une chute vers le parterre. Les gens au parterre sautent tellement haut qu’on a l’impression qu’ils vont atterrir au balcon.

Bref, une suite de moments cinglés.

Photo de courtoisie, par Jean-François Leblanc.

Photo de courtoisie, par Jean-François Leblanc.

 

Parterre plus clairsemé pour Koriass

Malheureusement, une partie de la foule quitte après autant d’émotions vives, malgré la tête d’affiche qui se fait attendre. Au début, on pense que tout le monde est allé prendre l’air/fumer une cigarette/vider une king can, mais plus de la moitié du parterre semble bel et bien partie pour de nouvelles aventures.

Tel un vrai chef, Koriass arrive sur scène avec un niveau d’énergie tout aussi louable. Plus posé que ses prédécesseurs, il livre une suite de chansons bien choisie avec son charisme et sa verve des grands soirs.

Photo de courtoisie, par Jean-François Leblanc.

Photo de courtoisie, par Jean-François Leblanc.

Appuyé par ses DJ préférés, Ruffsound et Manifest, et des projections originales qui ajoutent une consistance certaine à ses pièces, le rappeur se débrouille plutôt bien au micro et réussit à faire oublier le manque à l’appel de son fidèle allié Bobby One. Quelques anicroches ici et là, mais rien de problématique.

«C’est un événement vraiment légendaire», clame-t-il, après la pétulante Sorry. «Mathieu Bock-Coté peut ben aller se faire buck de côté», envoie-t-il, dans un tout autre ordre d’idées, par rapport au débat controversé autour du franglais qui a fait rage cet été.

En guise de rappel : le retour de Loud et Lary pour l’illustre Rap Queb.

Un moment exalté, parmi tant d’autres.

 

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