Junny au National | Glorieux retour en terrain connu pour l’artiste R&B coréen
Il avait promis de revenir à Montréal lorsqu’on l’avait vu au Club Soda en 2024 : promesse tenue ! Le parterre penché (quel confort pour le public, de pouvoir bien voir de n’importe où dans la salle !) du National était bien rempli lundi soir pour la toute première étape de la nouvelle tournée de Junny qui l’emmènera de l’Amérique du Nord au Sud, en passant par l’Asie. Un bel honneur pour le public montréalais d’accueillir cette première, alors que les concerts d’artistes asiatiques ou d’origine asiatique se raréfient au Québec au profit de Toronto ou des États-Unis.
Kim Hyung-Jun, de son nom de naissance, a 29 ans et chante en anglais, ayant grandi en Colombie-Britannique, mais intègre parfois du coréen dans ses chansons, surtout de par des duos avec des artistes coréens.
En première partie, le Montréalais Myles Lloyd chauffe la salle. 20h32, le chanteur R&B/soul sort de scène, à 20h36 Junny arrive en sautillant tout de noir vêtu, avec un seul musicien sur scène armé de son ordinateur – qui est aussi le producteur/co-compositeur de son dernier album, comme on l’apprendra plus tard.
Il donne le ton tout de suite en démarrant avec sa chanson Passion, Pain & Pleasure tiré de son dernier opus sorti en août dernier, avec force déhanchés – ceux-ci rythmeront l’ensemble du concert – qui ne manquent pas de faire hurler la salle.
Inutile de nier l’évidence, le jeune homme charme aussi bien nos oreilles que nos yeux. Toutes ces années passées en Corée (il y travaille et est représenté là-bas par une agence d’artistes depuis 2019) à collaborer avec de grands noms de la kpop laissent bien quelques traces: quelques pas de danse bien esquissés, le sens du rythme, une oreille aiguisée pour les hits, un professionnalisme rigoureux et surtout, une endurance impressionnante. Presque aucune pause dans ce set d’1h30, les chansons s’enchaînent, et même s’il prend le soin de parler de et à Montréal à intervalles réguliers, c’est toujours en moins de 5 minutes, sans jamais quitter la scène par ailleurs.
À mi-parcours, Junny annonce le léger changement de ton: « We’re gonna get sexy ! » Léger changement seulement, car même sans les lumières rouges qui viennent de s’allumer, sa performance était clairement déjà assez suave et sensuelle. Pour faire redescendre la température (ou le contraire ?), il ne se privera d’ailleurs pas de vider quelques bouteilles d’eau sur les premières rangées !
Sa discographie étant également marquée par les duos, ceux-ci furent bien présents hier soir, à défaut de leurs interprètes: Colour Me en duo avec Chung Ha, une artiste kpop, ou encore Optimist où Junny montre sa versatilité en chantant/rappant sur les parties en coréen de Blase, l’artiste associé sur ce titre. Il fait également revenir sur scène Myles Lloyd qui assurait sa première partie, pour un remix d’une chanson de ce dernier, Drive me crazy. En les regardant, on ne peut s’empêcher d’être un peu émue de voir deux Canadiens d’origines différentes et d’univers (musicaux ou autres) différents se réunir le temps d’un duo où leurs voix s’accordent parfaitement.
Vers la fin de la soirée, changement d’ambiance avec Weight of time, autre chanson de null. D’une durée plutôt inhabituelle dans son genre musical, 7 min 50, elle diffère aussi de ses habituelles sonorités pop/R&B. Une parenthèse assez planante pour préparer en douceur le public montréalais à son départ, avant la prochaine fois on l’espère. Rendez-vous dans deux ans ?




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