Hommage à Metallica symphonique à la salle Wilfrid-Pelletier | Le classique de l’harmonie métal
Quatre gaillards costauds, inébranlables, répondant au nom d’AnesthesiA, interprètes remarquables du répertoire de Metallica. Et la fusion avec l’Orchestre FILMharmonique, sous la baguette électrifiée du maestro Olivier Hébert. Tout un effet à la salle Wilfrid-Pelletier, où d’éternels « métalleux » pointant leur doigts endiablés au ciel et hochant du crâne communiaient à l’extase de vivre symphoniquement des hymnes à la rébellion fomentés par un groupe pilier du heavy metal.
Le concept du concert portait déjà la marque d’un succès annoncé. Un rendez-vous à guichets fermés à chaque représentation, entre 2022 et 2025. En moins de deux heures, une rafale de compositions reconnaissables dès les premières notes. Un réservoir musical de titres fracassants des années 1983 à 1999. L’auditoire était happé par la force émanant d’une trentaine de musiciens et du quatuor en feu. Comme si un tremblement de terre mélodieux grondait de la scène à chaque siège. De la relecture du premier album, Kill ‘Em All (1983), ayant donné le titre Anesthesia – Pulling Teeth jusqu’à S&M (1999), l’expérience orchestrale du groupe originel avec l’Orchestre symphonique de San Francisco, le programme était chargé à bloc.
Généreux, le quatuor Anesthesia a largement tenu promesse, sur les pas de leurs maîtres Hetfield, Ulrich, Hammett, membres fondateurs de Metallica. Le chanteur-guitariste François Laverdière – dont la voix est à se méprendre avec celle de son alter ego James – adressait à la foule un entrain à chaque pièce, avec toute l’énergie et la gestuelle métal. Le guitariste Anthony Hadjedj sublimait tout par ses solos piqués irréprochables rendus dont le répertoire de Metallica abonde. Celui de One (…And Justice for All) et sa trame sur les ravages de la guerre résonnait particulièrement fort en ces temps de désordre mondial. Que dire de ces deux bombes tirées du Black Album que sont Nothing Else Matters et The Unforgiven! Un pur abandon face au chaos environnant sur lequel nul n’a prise…
En finale, tout le monde debout pour Seek & Destroy (Kill ‘Em All), une clôture grandiose de plus de six minutes sur le sens du heavy metal. Créer un autre monde dépourvu de médiocrité, ni engourdissement, aucun. Un idéal pleinement délivré par le concept orchestral AnesthesiA. Entre ballades coupant le souffle et les grisants riffs métal, une évidence : le heavy metal et le symphonique sont faits pour s’accorder. Le maestro Hébert l’a démontré avec fougue et joie manifeste. Au final : un orchestre jubilatoire, presque juvénile, dans toute la puissance de ce jeu musical hors des balises classiques pour un seul soir. Au terme du concert, un remerciement touchant aux instigateurs de ce projet, Patrick Lessard et Jonathan Bélanger, pères de deux membres d’AnesthesiA qui – comme ils l’exprimèrent au public – dormirent avec le sourire béat suite à cette nouvelle consécration…
- Artiste(s)
- Hommage à Metallica symphonique
- Ville(s)
- Montréal
- Salle(s)
- Salle Wilfrid-Pelletier
- Catégorie(s)
- Heavy metal, Instrumental, Métal,
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